Lettre Ouverte à la Ministre de la Santé, Madame Roselyne BACHELOT

Le 2 octobre 2007.

Madame la Ministre,


Je me fais un devoir de porter à votre connaissance les faits suivants : Les fumeurs, les médecins et les pharmaciens ignorent que la nicotine, sous toutes ses formes, est avant tout un pesticide.

Les patchs, gommes et sprays nicotiniques, 100% pesticides et 100% toxiques sont, avec aberration, en vente en pharmacie. Ils sont présentés maladroitement comme « médicaments » et improprement qualifiés de « substituts ». Ces produits qui ne font que remplacer à l’identique la nicotine insecticide du tabac sont des « pesticides sans odeur » pouvant entraîner un véritable empoisonnement.
Et pour autant, aucune information claire sur leur toxicité pour le consommateur n’est signalée. Cette dissimulation intentionnelle est incohérente et irresponsable.

Conformément à l’article L.5132 du Code de la Santé Publique*, les mentions « toxiques » et « pesticides » doivent figurer obligatoirement sur l’emballage des produits présentant de tels caractères.
Or sur l’emballage de ces produits toxiques, ne figure aucun avertissement sanitaire « apparent, lisible et en caractères indélébiles ».

Il est invraisemblable que les laboratoires aient pu bénéficier d’une « dérogation en cadeau » afin de légitimer leur infraction au Code de la Santé Publique, et ainsi pouvoir commercialiser et valoriser un tel poison pesticide.

La nicotine, sous toutes ses formes, n’est pas une drogue, mais un insecticide toxique sans bienfait, ni physiologique, ni psychologique, pour l’Homme.
Les fumeurs ne sont pas des insectes à éliminer par des patchs 100% pesticides, mais leur système nerveux, comme celui des insectes, est également endommagé par de telles substances vénéneuses.

La nicotine pesticide en patchs, gommes et sprays est lamentablement agressive et destructrice pour les neurones** et le système cardio-vasculaire.
Elle engendre palpitations, nervosité, insomnies, cauchemars, excitabilité, angoisses, céphalées, irritabilité et accélère le développement des cellules cancéreuses, la mort des spermatozoïdes et la dégénérescence précoce des neurones.
La « pesticide-thérapie » nicotinique est également une véritable agression envers la santé des fumeurs en phase d’arrêt du tabac.
Ce poison anti-détente est de surcroît anxiogène et anti-bien-être.

Les nombreux travaux et études scientifiques, conduits par des chercheurs indépendants de la manipulation des laboratoires, ont montré l’inefficacité des substituts nicotiniques avec 90% d’échecs.
Les défenseurs de l’invasion nicotinique continuent à valoriser la normalisation de ce toxique en tant que substance anodine, ce qui accentue le doute chez le fumeur.

Laisser croire que la nicotine est inoffensive en la plébiscitant en pharmacie constitue un mensonge médical scandaleux.
Comment pouvez-vous crédibiliser et cautionner une telle incohérence : « fumer tue, la nicotine guérit ! » ou « vivez sans tabac, restez abonné à la nicotine ! », ce qui signifie en fait que, la nicotine pesticide du buraliste pue et tue, mais celle du pharmacien, aseptisée et sans odeur guérit !

Proposer aux fumeurs de consommer l’un des deux produits toxiques : le pire (la fumée 100% polluante) ou le mal (la nicotine 100% pesticide) est une absurde alternative.

Conseiller aux fumeurs gravement pollués et contaminés aux pesticides nicotiniques du tabac de s’acharner à s’empoisonner aux pesticides des laboratoires est une manipulation honteuse et irresponsable.

Au nom du conseil d’administration de notre association, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir ordonner l’annulation de la dérogation incohérente et scandaleuse accordée aux laboratoires commercialisant des pesticides nicotiniques en exigeant le respect total et sans ambiguïté du Code de la Santé Publique.

Les fumeurs ainsi que les non-fumeurs ont le droit d’être informé et de connaître la vérité, clairement et sans manipulation, sur la toxicité des patchs et gommes contenant 100% de nicotine pesticide

En vous remerciant de veiller au respect et à l’application du Code de la Santé Publique et souhaitant votre intervention responsable dans la cohérence et la transparence, je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de ma considération respectueuse et dévouée.

Docteur Emmanuel KHALATBARI

* Article R5132-52 (Décret n 2007-157 du 5 février 2007 art. 5 XVI Journal Officiel du 7 février 2007) Sous réserve des dispositions de l’article R. 5132-69, le contenant ou emballage d’une substance ou d’une préparation mentionnée à l’article L. 5132-2 comporte les mentions suivantes :

1 Le nom de la substance tel qu’il figure à l’arrêté de classement ou, lorsqu’il s’agit d’une préparation, la désignation ou le nom commercial de ladite préparation ainsi que le nom des substances vénéneuses qu’elle contient ;

2 Le nom ou la raison sociale et l’adresse ou le siège social du fabricant, du distributeur ou de l’importateur ;

3 Le ou les symboles d’identification de la catégorie à laquelle appartient la substance ou préparation ;

4 Les phrases types prévues par l’arrêté de classement et concernant les risques particuliers que comporte son emploi ;

5 Les phrases types prévues par l’arrêté de classement et concernant les conseils de prudence. Les mentions sont apposées sur le contenant ou l’emballage de façon apparente, lisible et en caractères indélébiles.
Elles sont rédigées en langue française lorsque les substances ou préparations sont destinées au marché intérieur.

Toutefois, le nom d’une substance dangereuse peut être remplacé par une autre dénomination dans les conditions prévues aux articles R. 231-53-2 à R. 231-53-4 du code du travail.

**La nicotine toxique pour le système nerveux (INSERM, 13 Mai 2002) Deux équipes de l’INSERM (Bordeaux) ont montré chez le rat que l’exposition chronique à la nicotine provoque des effets toxiques sur le cerveau.
La zone particulièrement touchée, est une région de l’hippocampe appelée « gyrus dentelé ».
Cette région du cerveau présente la particularité de produire des neurones tout au long de la vie et intervient dans le processus d’apprentissage et de mémorisation.
En effet, l’absorption de nicotine par les rats a entraîné d’une part un déclin de 50% du nombre de nouveaux neurones et d’autre part, une accélération de la mort cellulaire, et en conséquence une altération ponctuelle des capacités d’apprentissage et de mémorisation.