Lettre ouverte au Ministre de la santé

Monsieur Xavier Bertrand,



Monsieur le Ministre,


Nous vous remercions vivement d'avoir mis en place l'arrêté du 2 octobre 2006 concernant l'interdiction de la vente des cigarettes à base de plantes en officine et nous vous en félicitons.

Nous sollicitons votre bienveillance de bien vouloir ordonner, dans un souci de cohérence et de transparence, à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, une nouvelle évaluation scientifique sur bénéfice/risque concernant les produits nicotiniques encore en vente en pharmacie.

En effet, ces produits étiquetés de qualité ! et considérés malheureusement comme médicaments, ne sont autres que des toxiques, pesticides et cancérigènes vendus dans un emballage convenable.

Les risques et nocivités de ces produits pour les neurones, le système cardio-vasculaire, endocrinien, métabolique et immunitaire est de 100%. Leurs bénéfices dans l'aide à l'arrêt du tabac n'étant que de 10% (90% d'échecs).

Ainsi, dans une attitude irresponsable, sans aucun fondement scientifique, les laboratoires pharmaceutiques valorisent honteusement haut et fort la consommation des produits nicotiniques en concomitance de la fumée des cigarettes en vue d'un arrêt du tabac ultérieur.

Cette propagande qui incite et encourage le fumeur à entretenir un double empoisonnement , ne se heurte à aucune sanction de la part des instances responsables et garants de la santé publique. La mention de substance toxique, pesticide, cancérigène n'est même pas indiquée sur l'emballage des produits nicotiniques. Cette ambiguïté manifeste et ce manque de cohérence renforcent la confusion persistante sur la nocivité réelle de ces produits.

Pourquoi persévérer à cacher aux fumeurs cette vérité indiscutable sur la nicotine ?

Les médecins qui fument, autant que la population générale, ne plébiscitent pas ces produits toxiques pour leur propre désintoxication. Si la nicotine pesticide est une substance utile dans l'aide à l'arrêt du tabac, pourquoi ne pas commercialiser en pharmacie le THC (Tétrahydrocannabinol) afin d'aider les consommateurs de cannabis à cesser leurs intoxications aux joints ?

Nous vous demandons également de bien vouloir ordonner une nouvelle évaluation scientifique sur bénéfice / risque concernant le Zyban (Bupropion). Le laboratoire GSK précise dans le VIDAL, section pharmacodynamie : le mécanisme d'action du Bupropion dans l'aide à l'abstinence tabagique n'est pas connu .

En effet, pour un bénéfice de 15% dans l'aide à l'arrêt du tabac, les effets secondaires de ce produit qui entraînent de multiples pathologies iatrogènes et aggrave la santé des fumeurs sont bien connus. En outre, ces pathologies induites engendrent un coût non négligeable pour de la sécurité sociale (multiples consultations, hospitalisations, soins longs et coûteux, arrêts de travail …).

Les fumeurs ne méritent pas d'être victime de telles aberrations thérapeutiques. Nous souhaitons profondément la réussite durable du plan cancer dans la cohérence et la transparence.

En vous remerciant pour votre implication sincère et responsable en vue de la clarification de ces graves incohérences médicales et économiques, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de mes respectueuses considérations.


Docteur Emmanuel KHALATBARI
Président,


Nous attendons toujours la réponse du Ministre.